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Valorisation du bambou pour la gestion durable du Parc National des Volcans et autonomisation des femmes en District de Burera au Rwanda

Objectif n°15 : Ecosystèmes terrestres

Le projet en détail

L’implication des populations locales particulièrement les femmes dans la gestion du Parc National des Volcans (PNV) à travers des initiatives de conservation communautaire est une priorité majeure du Plan d’Aménagement et de Gestion de cette forêt à multiples services écosystémiques de grande valeur dont l’habitat pour la biodiversité comme le célèbre Gorille de montagne reconnu pour son tourisme, le stockage de carbone, la régulation du climat, la richesse en Produits Forestiers Non Ligneux (PFNL) dont le bambou, etc. La mise en œuvre de la Stratégie de Développement du District de Burera met en avant la participation communautaire et prend en compte la conservation de la biodiversité et la gestion durable des ressources du Parc National des Volcans. Le projet "Valorisation du bambou pour la gestion durable du Parc National des Volcans et autonomisation des femmes en District de Burera au Rwanda" (BAFEB-PNV) compte ainsi renforcer le rôle de la femme dans la conservation et la gestion du PNV à travers la capitalisation des acquis des initiatives antérieures de valorisation du bambou en tant que PFNL prioritaire au Rwanda pour son rôle dans la protection de l’environnement, l’amélioration des conditions de vie des populations et la croissance économique du pays.

Appuyé par les partenaires dont l’Union Européenne (UE), le programme de collaboration transfrontalière pour le Grand Virunga/ Greater Virunga Tranboundary Collaboration (GVTC) grâce à l’appui de l’Ambassade des Pays Bas au Rwanda, et le Programme d’Appui à la Conservation des Ecosystèmes Forestiers du Bassin du Congo (PACEBCo) de la Commission des Forêts d’Afrique Centrale (COMIFAC) et la Communauté Economique des Pays d’Afrique Centrale (CEEAC) sous le financement de la Banque Africaine de Développement (BAD) durant la période 2010-2015, ARECO a collaboré avec d’autres acteurs pour la plantation de 500 ha de bambou autour du PNV dont 150 ha en District Burera. Ces interventions visaient la réduction des coupes illégales de bambou comptées parmi les premières menaces du Parc et sa biodiversité en particulier le Gorille de montagne qui a le bambou comme nourriture et habitat préférés dans la forêt du Parc.

En plus de l’implication des femmes (65% des 5950 bénéficiaires) dans la domestication du bambou dans toute la zone environnant le parc, celles-ci ont benéficié d’une formation de base sur la transformation manuelle du bambou. D’une manière particulière, le projet Bambou Burera (BamBu) financé par l’UE et mis en oeuvre par ARECO en partenariat avec le District de Burera en 2012-2015, a facilité la mise en place de la Coopérative HANGUDUSHYA MU MIGANO (Innover dans le bambou) et le Centre pour la Valorisation du bambou installé dans les locaux du Secteur Rugarama en 2015. La plantation du bambou avec l’implication des femmes qui ont été en même temps initiées à sa transformation a démontré les liens entre la valorisation de ce PFNL et la gestion durable du PNV car avec la disponibilité de la resource en dehors du parc, il n’y aura plus de coupe illégale, tandis que sa transformation permettra sa valorisation pour générer des revenus à travers la vente des produits. La valorisation du bambou s’est donc averée comme filière potentielle pour la création d’emplois non agricoles pour les communautés riveraines du parc et particulièrement les femmes et les filles moins visibles dans la gestion forestière en générale.

Le projet vient donc pour renforcer la coopérative HANGUDUSHYA MU MIGANO et le Centre pour la Valorisation du bambou placé sous la responsabilité de cette structure majoritairement composée de membres de sexe féminin (28 femmes sur 39 membres) qui ont été initiés à la transformation du bambou et bénéficié des outils manuels de base. Les membres de cette coopérative regroupe les représentants des associations et coopératives impliquées dans la filière bambou dans les 3 secteurs adjacents au PNV dans le District de Burera à savoir Gahunga, Rugarama et Cyanika. Cette coopérative qui a pour mission de promouvoir la valorisation du bambou pour la gestion durable du Parc et l’amélioration des conditions de vie des familles des 511 membres (dont 465 femmes, 235 jeunes et 68 populations marginalisées) des associations et coopératives. En plus du partage des connaissances, HANGUDUSHYA MU MIGANO envisage utiliser ses ressources financières pour transférer les technologies aux associations et coopératives afin de promouvoir la valorisation de la chaine de valeur du bambou dans la zone du parc et au Rwanda.

Le projet BAFEB viendra encourager les membres surtout les jeunes qui se sont vite découragés vu que le revenu obtenu ne répondait pas aux attentes en termes d’emplois et de valeur monétaire. Il a été observé que sur 50 membres qui avaient commencé avec la coopérative, 11 membres (dont 8 jeunes filles et 3 garçons) se sont retirés petit à petit suite au découragement. L’augmentation de la quantité et la qualité des produits à travers le projet permettra au centre d’attirer l’attention des jeunes filles et des femmes en tant que centre d’intérêt pour la création d’emplois et d’apprentissage car le Centre collaborera avec les autres Centres de formation en vue du partage du savoir. Vu que la demande est forte dans ce milieu touristique et transfrontalier, le projet permettra la redynamisation du Centre qui sera également en mesure d’utiliser les techniques de marketing pour gagner différents marchés y compris les formations, les expositions, la livraison des objets dans les hôtels et chez les privés   

Contexte

Suite à la pauvreté qui affecte les ménages vivant dans la zone environnant la forêt du Parc National des volcans, la pression humaine sur les ressources naturelles et la biodiversité reste un défi pour la gestion durable de cet écosystème forestier (160 km2) d’importance global situé au Nord Ouest du Rwanda dans le Grand Virunga. Étant connecté avec la forêt du Parc des Virunga (RDC) et celle du Parc de Bwindi (Uganda), sa déforestation et sa dégradation a un impact négatif sur tout le massif forestier qui offre d’innombrables services notamment la circulation transfrontalière des espèces de la faune particulièrement le Gorille de montagne. Frontalier avec l’Uganda, le District de Burera est parmi les régions adjacentes au PNV les plus peuplées avec une densité de la population allant de 600 à 1000 ha/km2. Ces populations sont vulnérables car le dernier rapport national montre que 49.8% des ménages vivent en dessous du seuil de pauvreté et 19.9% en extrême pauvreté, contre une moyenne nationale de 38.2% et 16.0% respectivement (NISR, 2018). Les familles dirigées par les femmes (environ 30%) sont parmi les plus vulnérables (District de Burera, 2018).

Parmi les causes majeures de la pauvreté dans la zone du projet, il y a la rareté des terres agricoles vu que la taille de l’exploitation agricole familiale est de 0.39 ha contre une moyenne nationale de 0.59 ha alors que 78% de la population (dont plus de 80% des femmes) pratiquent l’agriculture sur laquelle reposent les moyens d’existence des ménages. La pauvreté des ménages est exacerbée par le manque d’opportunités d’emplois non agricoles auxquelles seulement 2% de femmes ont accès contre 21% des hommes. A la rareté d’emplois agricoles et non agricoles vient s’ajouter les effets des changements climatiques et de dégradation des paysages suite à  une forte érosion causant des éboulements et des inondations mais aussi des sècheresses et des épidémies qui frappent vigoureusement les ménages les plus pauvres. Face à cette situation, les ménages pauvres arrivent difficilement à satisfaire leurs besoins alimentaires et non alimentaires de base (prise en charge des soins médicaux, scolarité des enfants, habillement, etc) avec un revenu annuel de 110 à 160 dollars américains. Une étude conduite en 2015 par le Programme Mondial Alimentaire a revelé que 56% des ménages vivent dans l’insécurité alimentaire alors que 40% des enfants de moins de 5 ans accusent un retard de croissance suite à la malnutrition dans cette zone (CFSVA, 2015). Parmi les autres conséquences, il y a l’exode rural des jeunes, les mariages précoces et les grossesses prématurées chez les jeunes filles.  

Objectifs

Le but du projet est de promouvoir la valorisation du bambou par les femmes pour la gestion durable du PNV et la réduction de la pauvreté dans le District de Burera. Le projet BAFEB/PNV favorisera l’autonomisation économique des femmes dans une perspective de gestion durable des forêts et de lutter contre la pauvreté des ménages. Il s'agira de soutenir l’entreprenariat féminin à travers la valorisation des PFNL pour permettre leur participation effective dans la gestion des ressources forestières et la gouvernance économique et sociale.  

Objectifs spécifiques

  1. Renforcer les capacités des femmes en matière de transformation et de commercialisation des produits à base de bambou
  2. Favoriser le partage du savoir et d’informations sur la valorisation du bambou en lien avec la gestion durable du PNV  
  3. Développer les co-bénéfices associés à la transformation du bambou
  4. Sensibiliser les acteurs locaux sur les liens entre la valorisation du bambou par les femmes et la conservation du PNV

Activités principales et bénéficiaires 

  • Formation des femmes sur les technologies de transformation du bambou

Une formation de 15 jours sera organisée pour 25 femmes formatrices sur les technologies améliorées de transformation du bambou et sur le marketing. La formation qui aura lieu dans le Centre sera dispensée par un expert dans la transformation du bambou et le développement des produits. La formation sur le Marketing sera assurée par l’animateur d’ARECO pendant une journée. La forme des produits de vannerie (paniers de fruit, vases pour fleurs, poubelles, chapeaux, abat-jours, poules, éléphants, canal, plateaux) et des meubles (tablettes, chaises modernes, étagères) ainsi que des broches sera revue en vue d’adapter la forme à la demande surtout des touristes qui préfèrent des objets de petite taille.

Des produits nouveaux comme les bijoux en bambou seront aussi introduits, car cette demande s’est déjà manifestée chez les touristes. Les femmes formées formeront par la suite tous les autres membres de la coopérative HANGUDUSHYA MU MIGANO alors que les membres des associations et coopératives viendront par petits groupes, apprendre dans le centre à travers les démonstrations.

  • Sensibilisation des acteurs locaux sur les potentialités des femmes dans la gestion durable du PNV

Une journée de sensibilisation des acteurs locaux sera organisée en vue de communiquer sur les liens entre la valorisation du bambou par les femmes et la conservation du PNV.  Les décideurs, les agents de planification et d’animation au sein des administrations locales auront l’opportunité de bénéficier des informations et des messages clés sur les potentialités du rôle des femmes dans la conservation du parc et dans la valorisation du bambou pour une gestion durable des ressources naturelles dans le paysage Virunga. En se basant sur les expériences antérieures, les équipes d’ARECO, du District et du PNV collaboreront pour animer les participants sur les thématiques genre, autonomisation des femmes et valorisation des PFNL (bambou) et les liens avec la conservation et la gestion durable des écosystèmes forestiers en général et du PNV en particulier. Cette activité contribuera au renforcement des attitudes et des comportements favorables à l’égalité de genre dans des projets de gestion forestière, et permettra ainsi de renforcer l’implication des femmes dans les initiatives de conservation.   

Cette journée de sensibilisation sera combinée avec le lancement officiel du projet BAFEB  afin de bien communiquer sur ses activités et le rôle de chaque acteur d’une part, et d’initier sa visibilité d’autre part.  L’événement regroupera 50 acteurs locaux (en charge du genre, autonomisation des femmes, forêts, conservation communautaire, coopératives) ainsi que les représentantes de la coopérative HANGUDUSHYA MU MIGANO. Les femmes bénéficiaires du projet qui participeront à cette rencontre transmettront les messages aux autres membres de la coopérative. Quant aux agents d’animation locale au sein des administrations, ils seront amenés à s’approprier du projet qui sera intégré dans leurs activités quotidiennes. Les autorités du Parc, du District Burera et des trois secteurs (Rugarama, Gahunga et cyanika) impliqués dans le projet seront aussi conviés à cette journée.

  • Équipment du Centre de transformation du bambou

L’équipement du Centre en outils modernes permettra de faire progresser le Centre de la production manuelle à l’usage des machines afin d’augmenter la quantité et améliorer la qualité des produits. Le projet BAFEB est attendu pour renforcer la capacité du Centre par l’acquisition de 2 machines jugées essentielles pour la transformation du bambou. Il s’agira d’une machine pour disséquer les bambous utilisables dans toutes les activités et une autre pour la production des broches pour barbecues. Ces machines seront achetées localement chez les producteurs des outils technologiques qui se sont installés dans le cadre du programme «Made in Rwanda» qui encourage l’utilisation des technologies fabriquées au Rwanda.   

Considérant que les broches sont très recherchées dans cette zone et au Rwanda en général vu qu’elles sont jusque là importées de Chine. À l’aide de la technologie améliorée et de machines modernes, cette coopérative va accroitre sa production. Il est estimé qu’avec les machines, la production s’élèvera au moins à 100 paquets (50 pièces/paquet) de broches contre 4 paquets par jour produits manuellement. Ceci signifie que le prix de vente mensuel des broches s’élèvera à 1.500.000 Frw contre 42.000 Frw en ce qui concerne les autres produits (Vanneries, équipement/ fournitures). Le  chiffre d'affaire mensuel en utilisant les machines modernes sera de  1.089.000 frw  contre 363.000 Frw lors de la production manuelle. Cela montre que le revenu mensuel total attendu au Centre de Valorisation du bambou/Rugarama, sera de 2.589.000 Frw ou un équivalent de 2.808 dollars  américains par mois grâce à la contribution du projet. 

  • Production et diffusion des outils de communication et de visibilité.

Il s’agira de la production et diffusion de 50 t-shirts, 200 dépliants, 4 banderoles et 1 pancarte en vue de partager les informations et les connaissances sur la valorisation du bambou et l’autonomisation des femmes en lien avec la gestion durable du PNV. Cette activité sera aussi publiée sur le site web d’ARECO et une page spécifique Facebook, Instagram et twitter pour le Centre de transformation du bambou sera créée pour une large diffusion des produits et visibilité des acteurs impliqués.

Les t-shirts seront distribués aux membres actifs de la Coopérative HANGUDUSHYA MU MIGANO ainsi qu’aux animateurs de proximité particulièrement ceux du Secteur Rugarama et du District. Les banderoles serviront à la visibilité lors des formations et les activités en permanence en vue d’attirer l’attention de tous les visiteurs, tous les passagers/voyageurs utilisant la grande route sur laquelle sera également déposée la pancarte du projet. Quant aux dépliants, ils seront distribués aux visiteurs mais aussi aux partenaires rencontrés lors des réunions au niveau national, régional et international.

D’une manière particulière, les informations et expériences de ce projet seront partagées en Afrique Centrale dans la zone COMIFAC à travers le Réseau Femmes Africaines pour le Développement Durable(REFADD) dont ARECO est membre. Le REFADD est membre du Partenariat pour les Forêts du Bassin du Congo(PFBC) et a dans ses priorités la valorisation des PFNL par les femmes et le bambou en particulier en tant que ressource très peu valorisées dans les pays d’Afrique Centrale. ARECO partagera avec les membres du REFADD dans les autres pays de la COMIFAC et cela constituera une contribution à la mise  en œuvre  du Plan de Convergence de la COMIFAC

  • Production des briquettes à base de residus

Les briquettes seront produites à partir des résidus de bambous par les femmes membres de la coopérative    HANGUDUSHYA MU MIGANO après une rapide démonstration pratique par l’Animateur du projet. Il est estimé que 200 kgs équivalents à 400.000 Frw par semaine, ou 10.400 kgs de briquettes par an seront produits et distribués aux membres qui les utiliseront dans les ménages respectifs. La distribution sera  faite d’une façon équitable afin de permettre à chaque membre de bénéficier de cette source d’énergie appropriée réduisant le temps pour la collecte du bois de chauffage qui est une surcharge pour les femmes et les enfants surtout les filles. L’utilisation des briquettes contribuera à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et la pollution dans les maisons. La production des briquettes sera augmentée au fur à mesure que le Centre augmentera ses activités de transformation.

  • Aménagement du comptoir d’exposition vente.

Le Centre de transformation renferme un hangar de transformation de 60 m2 et un espace de 15 m2 réservé pour l’exposition et la vente des produits. Les produits finis surtout les objets de vannerie(handcrafts) seront étalés dans des étagères et sur des tables afin de bien les présenter aux visiteurs et acheteurs. En plus des ventes locales, ce comptoir disposera des produits touristiques vendus comme souvenirs. Les fournitures seront exposés dans le lieu non loin de la place de production. En fin de journée après le travail, les produits seront laissés dans le magasin.  

  • Suivi-évaluation

Les activités seront suivies en permanence par l’Animateur local d’ARECO. La Coordination nationale d’ARECO organisera des visites mensuelles de suivi/evaluation conjointe avec les Administrations afin de se rendre compte du progrès et de suivre l’attente des résultats. 

Le rapportage sur la progression des activités du projet en vue de rendre compte sur l’état d’avancement sera réalisé. Ce rapport à mi parcours (4ème mois) donnera l’image du niveau de réalisation et présentera les défis éventuels. Il sera transmis aux partenaires impliqués directement dans le projet à savoir l’OIF/IFDD, le District et les Secteurs, l’Office de Développement (RDB)/PNV, le Conseil National des Femmes(CNF), le REFADD national et l’Office des Forêts

Un comité d’acteurs impliqués suivra de près le déroulement des activités. Il sera présidé par l’Autorité du Secteur Rugarama qui abritera le projet, les membres seront les représentants Secteurs Cyanika et Rugarama, le District, RDB/PNV, le CNF, la Coopérative bénéficiaire qui assurera le Secrétariat et ARECO qui jouera le rôle de facilitation.   

La production et la diffusion du rapport final sera tirée des leçons et bonnes pratiques du projet. Ce rapport  sera partagé avec les partenaires impliqués dans le projet, sera posté sur le site web d’ARECO www.arecorwandanziza.org (en cours de révision).  Ceci permettra aux autres acteurs de commenter le projet  

Calendrier et responsable des activités

Activité1 : Formation des femmes  : Mois 2 /ARECO

Activité 2 : Sensibilisation des acteurs locaux : Mois 1/ARECO

Activité 3: Equipement du Centre : Mois1  /ARECO

Activité 4 : Aménagement du comptoir d’exposition des produits artisanaux et autres objets : Mois 3/ ARECO&Cooperative Hangudushya  mu Migano

Activité 5: Production et diffusion des outils de communication et de visibilité du projet: Mois2/ ARECO

Activité 6 : Production des briquettes : Mois 3-6//Cooperative Hangudushya mu Migano

Activité 7 : Suivi et evaluation  : Mois1 -6/ ARECO, District Burera &Secteur Rugarama

Budget prévisionnel  et source de financement   

1. Formation des femmes : 3878 ,92 Euros

2. Sensibilisation des acteurs locaux : 328,22 Euros

3. Equipement du Centre en 2 machines de base pour transformation du bambou : 4415,02 Euros

4. Aménagement du comptoir d’exposition des produits artisanaux et autres objets : 358,05 Euros

5. Production et diffusion des outils de communication et de visibilité du projet (t-shirts, dépliants, banderoles, pancartes) partageant des connaissances et des informations sur le projet : 1034,38 Euros 

6. Production des briquettes à base de résidus de bambou pour la valorisation des déchets : 149,19 Euros 

7.Suivi et Coordination des activités : 2208,01 Euros

Total du budget : 12371,79 Euros

Le projet sera financé à hauteur de 9984,72 Euros par OIF/FDD et la contribution d’ARECO s’élève à 2387,03 euros

Approche genre, impacts environnementaux et sociaux

ARECO partage la logique de l’OIF qui reconnaît que les femmes (y compris les filles) sont des actrices du développement et du changement, et vectrices de paix. L’autonomisation des femmes est désormais une stratégie de choix pour accélérer la marche vers l’égalité entre les femmes et les hommes, et représente un levier pour l’atteinte de tous les Objectifs de développement durable. Il est constaté que la participation des femmes dans des initiatives ayant trait à la gestion forestière reste faible et qu’il est important de renforcer leur contribution.

L’approche du genre du projet sera une forme de discrimination positive focalisant les femmes du groupe en vue de compenser le retard enregistré dans la valorisation des PFNL en lien avec la gestion durable des forêts au Rwanda et dans la zone du Parc des Volcans en particulier. Cette approche permettra d’atteindre l’égalité entre les femmes et les hommes et l’autonomisation économique des femmes et des filles en vue de renforcer leurs capacités tout en valorisant leur connaissance traditionnelle. Les hommes membres de la coopérative seront aussi impliqués mais les femmes viendront au premier plan. 

En terme d’impacts environnementaux, le projet contribuera à l’augmentation du revenu et à la réduction de la pression des ressources du parc avec le concours des femmes qui sont particulièrement vulnérables à la dégradation des forêts. Le projet montrera que désormais les bénéficiaires du projet peuvent apporter des changements positifs au niveau de la gestion durable des forêts et améliorer les conditions de vie de leurs ménages respectifs. Ceci sera évalué par le revenu qu’elles gagneront chacune par mois et leur contribution dans les familles.    

 

Résultats attendus

Les résultats escomptés sont :

  • 25 femmes formatrices formées par un expert pendant 15 jours sur les techniques améliorées de transformation du bambou et sur le marketing.
  • 50 acteurs locaux sensibilisés sur les liens entre la valorisation du bambou par les femmes et la conservation du PNV
  • Deux machines achetés localement pour faciliter le traitement du bambou avec une attention sur la production des broches dont la quantité journalière attendue est de 5000 contre 210 produits manuellement. Le revenu annuel attendu est 18.000 Euros en utilisant la machine.
  • Des outils de communication et de visibilité (50T-shirts, 200 dépliants, banderoles, pancarte); produits et diffusés, publications sur le site web et media sociaux
  • 10.400 kg de briquettes seront produits par an et ceci permettra de gérer durablement les déchets et d’économiser l’énergie domestique dans les ménages
  • Un comptoir d’exposition- vente de 15m2 sera aménagé dans le site de transformation au bureau du Secteur Rugarama. En plus de ventes locales, ce comptoir disposera des produits touristiques vendus comme souvenirs.

N.B: Les bonnes pratiques et leçons apprises seront partagées avec les autres pays de la sous région à travers le réseau REFADD qui envisage un programme régional sur la femme et bambou en Afrique centrale dans son Plan Strategique et la mise en œuvre du Plan de Convergence COMIFAC. Il est aussi à noter que d’autres partenaires s’intéressent aux résultats du projet en vue de son renforcement. Il s’agit notamment de l’Office Rwandais pour la Gouvernance (RGB) à travers l’Initiative d’appui aux organisations de la Société civile rwandaise  grâce aux appuis  du PNUD. 

Le projet a été financé avec le soutien de l’OIF à travers son Bureau régional pour l'Afrique centrale (BRAC) et son organe subsidiaire l’Institut de la Francophonie pour le développement durable (IFDD) dans le cadre du programmme "Maîtrise des outils de gestion de l'environnement pour le développement durable".

À l'origine du projet

Brève présentation d’ARECO-RWANDA NZIZA

L’Association Rwandaise des Ecologistes (ARECO-RWANDA NZIZA) est une organisation active sur l’environnement et le développement créé par l’Arrêté Ministériel  n° 119/05 du 5 Avril 1992 qui a été revu par l’Arrêté Ministériel n° 180/11  du 11 Décembre 2008. Le terme RWANDA NZIZA a été ajouté à "ARECO" par les fondateurs en vue d’exprimer leur engagement à contribuer pour un beau Rwanda, « NZIZA » en langue locale Kinyarwanda. 

Le but d’ARECO est de promouvoir le développement durable à travers la protection de l’environnement, la conservation de la biodiversité et la gestion des ressources naturelles sous une approche communautaire sensible au genre et inclusivité sociale.   

ARECO opère à travers tout le pays avec une attention particulière aux paysages et écosystèmes à haut risque de vulnérabilité dont les aires protégées y compris les forêts des parcs et des réserves, les lacs et les zones humides. Les groupes cibles d’ARECO sont les communautés à la base particulièrement les femmes et les jeunes. 

Les principaux domaines d’intervention d’ARECO sont :  

  1. Gestion des ressources naturelles, biodiversité et écotourisme   
  2. Restauration des paysages, résilience climatique  et énergies durables
  3. Santé environmentale   
  4. Développement des capacités et intégration du genre
  5. Recherche,  Communication et Plaidoyer    

ARECO est membre des organisations et réseaux de la Société Civile de grande renommée dont l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (IUCN), l'Alliance Mondiale sur le Genre et l'Eau (GWA), le Réseau Femmes Africaines pour le Développement durable( REFADD), le Réseau des ONGs pour l'Environnement (RENGOF), le Réseau pour le Développement et le Changement Climatique au Rwanda (RCCDN)

Financement terminé

Le projet a été complètement financé avec succès !

Contribuer autrement

Il vous est également possible de contribuer à ce projet en participant à sa communauté virtuelle. Bénévolat, partage d’informations ou de bonnes pratiques, retour sur expérience … sont tant de possibilités qui s’ouvrent à vous grâce au forum d’échange associé à ce projet.


(facultatif)

Vos contributions

Aloys Bicamumpaka (ARECO), le April 15, 2020, 4:41 p.m.

Parmi les avantages et impacts du projet il y a l’amélioration des conditions de vie des familles à travers l’augmentation du revenu et autonomisation des femmes membres de la coopérative. Ceci sera vérifié à travers le progrès réalisé en matière de revenu des femmes et le changement de la catégorisation UBUDEHE(outil de classement des ménages par niveau de richesse) des ménages respectifs.
La collaboration entre OIF/IFDD et ARECO-RWANDA NZIZA à travers ce projet renforcera le leadership féminin dans la gestion forestière et des aires protégées en particulier ainsi que le soutien d’une croissance durable et inclusive favorisant la création d’emplois chez les femmes.

Le projet renforcera le partenariat entre l’OIF et la société civile qui est indispensable dans la réalisation des actions du Cadre stratégique 2015-2022 de l’OIF et particulièrement à travers la mise en œuvre de son programme 2019-2022 qui place l’égalité entre les femmes et les hommes au plus haut niveau en lien avec l’Objectif 5 du Programme développement durable à l’horizon 2030. Le projet contribuera à la mise en oeuvre du Plan de Convergence de la Commission des Forêts d’Afrique Centrale(COMIFAC) particulièrement son axe prioritaire 2 portant sur la Gestion et valorisation des PFNL qui constituent une filière phare à promouvoir dans la stratégie régionale 2018-2025 du Réseau Femmes Africaines pour le Développement Durable(REFADD) qui anime la thématique genre et autonomisation des femmes dans la zone COMIFAC.
ARECO est membre et Point Focal du REFADD au Rwanda. Etant fortement engagé dans l’implication des femmes et la promotion du genre dans la gestion forestière, ARECO estime que l’autonomisation des femmes et des filles est désormais une stratégie de choix pour accélérer la marche vers l’égalité entre les sexes et représente un levier pour l’atteinte de tous les Objectifs de Développement Durable. Pour cela, la discrimination positive qui consiste au ciblage des femmes et filles dans la gestion du PFNL bambou apportera une valeur ajoutée de compenser le retard enregistré dans la gestion durable des forêts au Rwanda et dans la zone du Parc des Volcans en particulier. Via le projet BAFEB, ARECO compte faciliter le partage des expériences et bonnes pratiques entre les organisations de la société civile membres des antennes nationales du REFADD. A travers des organisations dont ARECO est membre telque UICN et d'autres organisations et plateformes engagées dans la conservation de la nature et la gestion forestière, les lecons apprises en matière d'autonomisation des femmes par la gestion des PFNL seront diffusés au niveau des acteurs de la Francophonie et du monde.

Association Rwandaise des Ecologistes (ARECO-RWANDA NZIZA), le March 25, 2020, 9:21 p.m.

Soutenir cette initiative permettra aux femmes de contribuer valablement à la gestion durable du Parc des Volcans et à l'amélioration des conditions de vie des familles dans la zone d'intervention où presque la moitié des ménages vivent en dessous du seuil de pauvreté avec plus de sévérité dans ceux dirigés par les femmes. Le projet sera interactif à travers un dynamisme virtuel via les media sociaux et autres plateformes. Le projet partagera les informations et les bonnes pratiques mais aussi le marketing des technologies de transformation du bambou ainsi que la diversité des produits (paniers, bijoux et autres objets) et services dont le tourisme communautaire par les femmes.

Informations

Pays : Rwanda
9985€ engagés sur 9985€
Commencé le 19/04/2020
511 bénéficiaires

À propos de cet objectif

Objectif n°15 : Ecosystèmes terrestres

Préserver et restaurer les écosystèmes terrestres Préserver et restaurer les écosystèmes terrestres, en veillant à les exploiter de façon durable, gérer durablement les forêts, lutter contre la désertification, enrayer et inverser le processus de dégradation des terres et mettre fin à l’appauvrissement de la biodiversité

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