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Biogaz pour les femmes de Fassoudébé

Objectif n°13 : Lutte contre les changements climatiques

Le projet en détail

Fassoudébé, chef-lieu de la commune de Fassoudébé, est situé dans le cercle de Diéma, dans la région de Kayes au Mali. Il se trouve sur l’axe routier reliant Diéma à Nioro du Sahel. A dix-huit (18) kilomètre de la ville de Nioro du Sahel, Fassoudébé est une zone semi-désertique due aux changements du climat.

Fassoudébé, une localité rurale se trouvant dans la zone sahélienne ou encore aux portes du désert, est en proie aujourd’hui aux effets du changement climatique. Depuis quelques années, la désertification y est durement ressentie. D’une part,  la pression humaine sur l’environnement naturel par la coupe abusive des bois aux fins culinaires et de construction et d’autre part, la rareté de pluies font que cette zone se heurte à des problèmes sérieux d’ordre climatique.

Du recul des rendements agricoles, aux problèmes énergétiques locaux et d’eau, les populations locales adoptent des nouvelles habitudes de survie. Il s’agit notamment de la transhumance, de l’utilisation des déjections animales pour la cuisson et de l’importation des vivres depuis des contrées lointaines constituent de nos jours les moyens de résilience de ces populations.

Au regard d’une répartition traditionnelle locale des tâches qui consistent pour les hommes, à mettre uniquement des céréales à la disposition des femmes et pour les femmes, à chercher très loin ou acheter à prix coûteux du bois de chauffe ou du charbon de bois, à acheter des condiments et à faire la cuisine ; les conditions des femmes face au changement climatique sont encore plus pénibles que celles des hommes. Parce que même si les hommes ont les moyens d’apporter la nourriture à la famille, le pouvoir économique des femmes est assez limité pour faire face à leurs responsabilités sociales établies inégalement. Alors, un problème énergétique se pose aux femmes dans l’accomplissement de leurs tâches sociales sous deux angles, à savoir : les femmes n’ont plus accès gratuitement aux bois de chauffe et au charbon de bois dû à la désertification et leurs sources de revenus ne sont pas assez suffisantes pour se procurer des moyens énergétiques forestiers et industriels pour faire la cuisine. Elles utilisent de façon rudimentaire et inefficiente des excréments bovins (bouse) pour la cuisson. Tandis que, de nos jours, des solutions innovantes abondent dans ce sens.

Il est très important de souligner que Fassoudébé est une localité où l’élevage prospère beaucoup. Ce qui constitue donc un avantage considérable au projet à y mettre en place. 

 

Solution proposée : la production locale du biogaz

Le projet Biogaz pour les Femmes de Fassoudébé (PBF) est une action qui consiste à doter les femmes de cette localité de biodigesteurs. C’est l’une des solutions proposables pouvant répondre aux besoins actuels de ces femmes.

Un biodigesteur permet de produire du biogaz à partir de déchets organiques, à travers un processus naturel de fermentation qui dégrade la matière organique sans oxygène (digestion anaérobie). Le produit essentiel de cette fermentation est le méthane (CH4), gaz inflammable. Ce biogaz ou encore l’énergie produite à l’issue du processus de méthanisation est utilisable de deux manières, à savoir : la cuisson et l’électrification. Il peut être produit avec des excréments d’origine animale dont l’accès est facile à Fassoudébé.

Une fois installé, un biodigesteur est très économique et facile à utiliser, moins risqué en termes de provocation d’incendie et  son utilisation émet un gaz moins présent dans l’atmosphère comparativement à la vapeur d’eau (H2O) et au dioxyde de carbone (CO2). En d’autres termes, le méthane est moins produit par l’homme que la vapeur d’eau et le dioxyde de carbone très présents actuellement dans l’atmosphère.

Alors, dans ce contexte où il est question  du climat et des conditions féminines, l’utilisation du biodigesteur est très bénéfique. Elle est un moyen qui permet d’atténuer la pression humaine exercée sur l’environnement. Il s’agit ici de la déforestation pour les besoins de cuisson et de construction. L’emploi du biodigesteur dans les familles, renforce également la résilience des femmes face aux effets du changement climatique, en leur reposant et en améliorant leur pouvoir économique. Le digestat, résidu issu du processus du méthanisation de la matière organique, est un puissant fertilisant répandu dans la bioculture dans laquelle les femmes évoluent également. 

Sollicitation et choix des bénéficiaires

Le groupement des femmes de la commune de Fassoudébé compte plus de cent adhérentes. Il a pour objectif fondamental, l’autonomisation de ses membres aux plans économique, politique et social. Les actions de reboisement entreprises par ces femmes doivent être soutenues et encouragées. Une action de reboisement n’allant pas de pair avec la coupe de bois ;  alors, ce groupement de femmes a sollicité des solutions alternatives susceptibles de les accompagner dans leur combat contre la désertification. C’est ainsi que la COFERSA (Convergence des Femmes Rurales pour la Souveraineté Alimentaire) fut approchée par les femmes de Fassoudébé pour les accompagner dans leur lutte. Alors, répondre aux besoins de ces femmes consiste à leur faire connaître et profiter du biodigesteur qui fonctionne sur la base des excréments bovins abondants dans leur milieu et remplace valablement le bois de chauffe et le charbon du bois.

Ressources nécessaires à la mise en œuvre du projet

La mise en œuvre du Projet Biogaz pour les Femmes de Fassoudébé (PBF) requiert des moyens divers pour la réalisation des activités planifiées. Il s’agit notamment des ressources:

-        humaines : le recrutement d’un coordinateur et d’un animateur pour administrer le projet et l’emploi d’une entreprise spécialisée dans la construction du biodigesteur.

-        matérielles : l’acquisition du matériel adéquat qui entre dans la construction du biodigesteur.

-        et financières : le paiement des frais de prestations de l’entreprise engagée.   

Promotion du projet

Les autorités locales déjà favorables à la cause des femmes soutiennent avec ferveur le PBF et s’engagent à sensibiliser les populations locales à l’utilisation du biodigesteur.

Durabilité du projet

Pour rendre durables les biodigesteurs installés, il est envisagé :

-        de former une équipe restreinte de femmes à la maintenance, l’entretien et la prévention des pannes simples du biodigesteur.

-        et de créer un comité de gestion des biodigesteurs.

Ce comité ainsi créé, consistera non seulement à accompagner les bénéficiaires directes dans leur familiarisation au biodigesteur, mais aussi à collecter des redevances issues de l’utilisation des biodigesteurs installés, à vendre le digestat et à réutiliser les économies réalisées dans la construction d’autres biodigesteurs pour faire profiter les femmes du groupement n’ayant pas bénéficié directement du projet.

Visibilité du projet et des partenaires

Pour assurer la visibilité des partenaires impliqués dans ce projet, il est prévu d’imprimer sur les supports produits, leurs logos et leurs noms. Une communication sera faite à l’endroit des femmes sur le rôle des partenaires dans l’émancipation et l’autonomisation de la femme et d’autres sujets qu’ils embrassent dans le monde.

Durée de mise en œuvre du projet

Le Projet Biogaz pour les femmes de Fassoudébé requiert une période de six (06) mois pour la mise en œuvre complète de ses activités.

Résultats attendus

Les résultats escomptés après la mise en œuvre du projet sont décrits ci-après.

La construction des biodigesteurs

Huit (08) biodigesteurs de 4m3 sont construits pour huit (08) grandes familles dont les membres sont dans la fourchette de 20 à plus de 40 personnes. Dans chacune de ces familles bénéficiaires, au moins cinq (05)  à 10 femmes font à tour de rôle la cuisine. Ce choix de familles devant bénéficier des biodigesteurs est judicieux pour les raisons suivantes. Ces familles étant nombreuses, elles peuvent :

-        contribuer en termes de main-d’œuvre à la construction des biodigesteurs.

-        remplir facilement la fosse principale devant contenir, pour un début, quatre (04) tonnes de bouse durables cinq (05) ans avant d’être renouvelés.

-        assurer le chargement quotidien de cent (100) kilogrammes de bouse pour alimenter le biodigesteur.

-        s’acquitter facilement de la redevance de l’utilisation des biodigesteurs

-        et aider le comité de gestion des biodigesteurs dans la vente du digestat, engrais naturel très utilisé dans la bioculture.

La mise en place d’un comité de gestion des biodigesteurs

Un comité de gestion des biodigesteurs est mis en place. Composé uniquement des membres du groupement des femmes de Fassoudébé, ce comité joue le rôle suivant, reparti ci-après :

-        La collecte des redevances auprès des bénéficiaires utilisant les biodigesteurs installés.

Le montant à percevoir comme redevance est fixé par les femmes du groupement de manières consensuelles.

-        La vente du digestat

Cette opération est également définie unanimement par les membres du groupement des femmes qui décidera si une partie ou la totalité du digestat produit reviendra au groupement ou non.

-        La maintenance et la réparation des biodigesteurs tombés en panne

Cette tâche permet aussi au comité de faire des recettes supplémentaires.

-        La réutilisation des recettes engrangées auprès des bénéficiaires,

Cette activité consistera à construire des biodigesteurs supplémentaires pour que d’autres familles puissent en profiter.

Le comité de gestion ainsi mis en place assurera la durabilité du projet. Et quel que soit les sommes d’argent réunies par le comité auprès des bénéficiaires, elles n’atteindront jamais le quart de ce que ces familles bénéficiaires dépenses dans l’achat du bois de chauffe et du charbon. En d’autres termes, l’utilisation d’un biodigesteur est très économique et accroit les revenus des femmes.   

La formation des femmes à l’utilisation du biodigesteur

Cette formation sera dispensée à  deux niveaux distincts, à savoir :

-        Le groupement des femmes de Fassoudébé est formé à l’utilisation du biodigesteur. Cette formation concerne, non seulement les bénéficiaires directes, mais s’étendra également à toutes les autres femmes du groupement. Elle permettra aux femmes  de maîtriser l’utilisation parfaite du biodigesteur.

-        Huit (08) membres du comité de gestion des biodigesteurs  sont formés à la maintenance, l’entretien et la prévention des pannes simples du biodigesteur. Cette formation permet à une bénéficiaire de ne faire recours à aucun spécialiste venant d’ailleurs pour réparer ou faire la maintenance de son biodigesteur. Il lui suffit tout simplement de signaler le problème au comité mis en place dont certains membres ont suivi une formation appropriée en la matière.

La sensibilisation des populations locales à l’utilisation des biodigesteurs

Les populations locales sont mobilisées et sensibilisées à l’utilisation du biodigesteur. Ce résultat à atteindre est indispensable à la réussite et la durabilité du projet. Cependant, comme tout projet à caractère novateur, il est incontournable de faire comprendre aux destinateurs l’utilité de l’innovation, sinon le projet serait voué à l’échec.

L’argument convaincant à véhiculer sera de faire comprendre aux habitants de Fassoudébé, que l’utilisation du biodigesteur:

-        est un moyen pour freiner la désertification qui est l’une  des préoccupations essentielles du milieu. Car un biodigesteur en marche dans une famille, évite à celle-ci l’utilisation du charbon de bois et le bois de chauffe qui sont souvent obtenus par l’abattage des arbres.

-        permet aux utilisatrices du biodigesteur de faire des économies importantes. La bouse de vache étant gratuite dans ce milieu, les femmes ne dépenseront plus assez pour faire la cuisine. Il suffit tout simplement d’apporter la charge quotidienne de 100 kg de bouse pour alimenter le biodigesteur. Ainsi, l’argent destiné au bois de chauffe et le charbon est désormais épargné pour répondre à d’autres besoins vitaux. 

L’accent sera donc mis sur cette approche pour que toute la population de Fassoudébé, hommes et femmes, adhère à ce projet de biogaz. Les autorités, consultées lors de la planification de ce projet, sont engagées déjà à mener cette bataille de sensibilisation pour l’appropriation du projet par la population.  

À l'origine du projet

Créée en Juin 2009 au Mali, la COFERSA est une union de 36 coopératives féminines composées 3916 membres.

Elle a pour vision : rendre les femmes rurales fortes, autonomes et engagées pour l’émergence durable autour du développement d’activités socio-économiques et de la promotion de la souveraineté alimentaire au Mali.

La COFERSA se donne pour mission d’œuvrer pour l’augmentation du pouvoir économique de la femme rurale et à l’amélioration de son statut social tout en renforçant ses capacités de production et de productivité agricoles bruts et transformés ; de leadership et de plaidoyer ; de gestion et d’administration des sociétés coopératives féminines ; de production en qualité et en quantité des produits agricoles bruts et transformés ; d’approvisionnement des zones déficitaires par les zones productrices ; de promotion de la consommation des produits locaux en vue de la souveraineté /sécurité alimentaire  et de la promotion de la production en agroécologie et de la biodiversité.

Elle  intervient dans l’agriculture ; l’élevage ; la pêche ; la transformation des produits locaux ; la commercialisation des produits locaux bruts et transformés ; la protection de l’environnement et le renforcement des capacités.

Elle a appuyé de nos jours des milliers de femmes au Mali à travers ses différents domaines d’intervention.

Aider ce projet

L’initiative « Objectif 2030 » vise à créer des communautés de solutions autour de projets concrets en matière de développement durable. Elle fournit notamment une plateforme participative de financement et d’appui technique.

Vous pouvez contribuer au projet en utilisant le formulaire suivant. Il s’agit d’une promesse de don qui vous engage à verser le montant prévu pour mener à bien ce projet à l’issu de la campagne de financement.


(facultatif)

(en euros)

Contribuer autrement

Il vous est également possible de contribuer à ce projet en participant à sa communauté virtuelle. Bénévolat, partage d’informations ou de bonnes pratiques, retour sur expérience … sont tant de possibilités qui s’ouvrent à vous grâce au forum d’échange associé à ce projet.


(facultatif)

Vos contributions

Sambou K. DEMBELE, le Aug. 22, 2019, 1:46 a.m.

Les initiatives prises dans le cadre de la lutte contres les changements climatiques sont actuellement soutenues par les organisations internationales au Mali. Ce projet-ci est l'une de ces initiatives. Les femmes maliennes vivant dans les zones rurales commencent à s'intéresser de plus en plus au biodigesteur dont l'utilisation leur profite économiquement et physiquement. Alors, l'engagement de l'Institut de la Francophonie pour le Développement Durable (IDD) à soutenir des actions comme ce projet de biogaz est à saluer et encourager...

Informations

Pays : Mali
0€ engagés sur 15000€
Commencé le 08/09/2019
40 bénéficiaires

À propos de cet objectif

Objectif n°13 : Lutte contre les changements climatiques

Prendre d’urgence des mesures pour lutter contre les changements climatiques et leurs répercussions Prendre d’urgence des mesures pour lutter contre les changements climatiques et leurs répercussions. Le réchauffement du système climatique est sans équivoque et se traduit par de nombreux changements déjà observables.

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