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Adduction d'eau potable à Ambesisika

Objectif n°6 : Eau et assainissement

Le projet en détail

Introduction

Située au Nord-Ouest de Madagascar, à l’embouchure des fleuves Kamoro et Betsiboka, la Commune urbaine d’Ambato-Ambarimay, partenaire de l’Ircod depuis 2008, a été subdivisée en deux en 2015 : la Commune urbaine d’Ambato-Boeny d’une part et la Commune rurale d’Ambesisika d’autre part.

Située à 20km à l’Est de la commune urbaine d’Ambato-Boeny, la commune rurale d’Ambesisika est accessible par une piste de 40km depuis la RN4. En saison de pluie, Ambesisika se retrouve totalement enclavée.

La zone dispose cependant d’un fort potentiel économique : les alluvions déposés par les crues des fleuves Betsiboka et Kamoro en saison de pluie fertilisent les terres. Les deux communes constituent le premier grenier de « black eyes » à Madagascar (variété de lentilles de haricots secs). A vocation agropastorale, cette zone présente un important nombre de cheptels bovins, ovins et caprins. Le niveau de vie de la population reste cependant encore précaire avec un PIB par habitant moins de 400$ – notamment en raison de leur enclavement qui constitue un obstacle à la fluidité des échanges commerciaux.

L’Ircod poursuit son appui à la maîtrise d’ouvrage et à la maîtrise d’œuvre à travers le développement des 4 axes priorisés en 2008 dans le cadre de la coopération avec l’ancienne Commune urbaine d’Ambato-Ambarimay :

  • Amélioration de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement
  • Mise en place d’un système pérenne de gestion des déchets solides
  • Réorganisation et amélioration de la gestion du marché
  • Renforcement des capacités de gestion communale

La commune d’Ambesisika, qui est une toute jeune collectivité, a néanmoins déjà bien intégré son rôle et fait preuve de beaucoup d’initiatives en capitalisant les expériences menées jusqu’alors à Ambato-Boeny. Son équipe dirigeante nouvellement installée est fortement motivée. Au cours de sa première année 2016, elle a pu présenter des réalisations telles que :

  • Taux de réalisation recettes : 150%
  • Acquisition d’une moto neuve pour les percepteurs de la commune
  • Mobilisation des ressources propres pour la construction du bureau de la commune, du bureau du délégué d’arrondissement, et un bâtiment du poste avancé de la gendarmerie
  • Aménagement d’un terrain pour donner place au marché des produits locaux et à celui des zébus muni d’un guichet unique

 

Contexte du projet

La commune rurale d’Ambesisika (15 000 habitants) présente un taux d’accès très faible à l’eau potable. La population rurale puise principalement l’eau de boisson à la rivière, ou dans le fleuve Kamoro, dans des petits étangs ou lacs temporaires, ou encore dans des puits traditionnels peu profonds, ou dans le lac de Bemololo (un lac de 30Ha de surface). La qualité de l’eau y est évidemment très médiocre. Dans le chef-lieu de la commune (6 000 habitants dont la majorité se trouve dans le village d’Ankazoambo), la population est desservie par deux puits traditionnels non sécurisés (zone de puisage à ciel ouvert). 3 fokontany sur 7 ont bénéficié de points d’eau à PMH (pompe à motricité humaine) dans le cadre du partenariat avec l’ancienne Commune urbaine d’Ambato-Ambarimay, avec une large contribution de l’AERM (Agence de l’Eau Rhin-Meuse) :

  • 2 points d’eau fonctionnels à Madirovalokely (à 3km du chef-lieu)
  • 2 points d’eau fonctionnels à Beritra (à 5km du chef-lieu)
  • 2 points d’eau fonctionnels à Maromandalo ( à 7km du chef-lieu)

Le service technique de la commune a été mis en place avec l’arrivée du nouvel agent technique communal. Des formations techniques lui ont été dispensées par celui d’Ambato-Boeny ainsi que le chargé de projets Ircod.

 

Obectifs

Il s'agit de mettre en place un mini-réseau d'eau via un système original et très simple la récupération des eaux de surface par rétro filtration biologique, un REEPS (réservoir d'eau enterré plein de sable). Cette solution a été choisie par la commune suite à une visite d'échange à Mahajanga.

De manière générale, ce projet permet :

  • d'améliorer la santé des habitants grâce à la sécurisation de la ressource en eau
  • d'améliorer les ressources économiques des habitants en réduisant les dépenses de santé
  • de créer de nouveaux emplois (personnel permanent affecté à la gestion des infrastructures)
  • d'augmenter les ressources de la commune grâce à la redevance mise en place
  • de renforcer les capacités de maîtrise d'ouvrage et de maîtrise d’œuvre de la commune

 

Actions à mettre en oeuvre

1. Mise en place des infrastructures

  • Mise en place d’un préfiltre à sable gravitaire pour accueillir les eaux turbides du lac de Bemololo, aspirées par une motopompe solaire. Ce préfiltre retient 98% des matières en suspension (MES). L’eau privée  des valeurs élevées en fer, et manganèse,  ainsi que les sulfures et l’ammonium, est drainée vers le REEPS (Réservoir d’Eau Enterré Plein de Sable).

  • Mise en place d’un REEPS de 130m3 pour obtenir 30m3 d’eau disponible à puiser. Cette installation permet la création spontanée des bonnes bactéries qui vont éliminer les mauvaises bactéries. Ce retro filtrage est un procédé de potabilisation qui permet en une seule étape et sans ajout de produits chimiques, d’améliorer les caractéristiques physiques, chimiques, et biologiques de l’eau, et de faire face à de fortes variations de sa qualité.
  • Mise en place d’un château d’eau de 10m3. L’eau filtrée du REEPS est aspirée vers un château d’eau de 10m3 pour pouvoir alimenter les bornes fontaines.  Un flotteur réglera l’arrêt de la motopompe à chaque fois que le château d’eau est rempli.
  • Mise en place de 4 bornes fontaines : 2 bornes fontaines au village d’Ambesisika, et deux autres au village d’Ankazoambo. Le besoin en eau de boisson et de cuisson de la population cible est estimé à 120m3 par jour. La lessive et l’abreuvoir pour bétails se font directement au fleuve Kamoro ou aux lacs temporaires.

 

2. Mode de gestion et fonctionnement

  • La commune d’Ambesisika est maître d’ouvrage
  • Les infrastructures seront gérées en partenariat avec une association via la mise en place d'un partenariat public-privé
  • Le lac Bemololo, source d’eau est protégé à l’abri de toutes sortes d’insalubrité. Une zone de sécurité de 50m est mise en place autour du lac, surtout en amont.
  • Les recettes seront perçues directement par la vente de l’eau aux bornes fontaines. L’association gérante versera à la commune une redevance mensuelle (suivant le taux et le tarif fixés par le conseil communal).
  • Un rapport mensuel (technique et financier) est obligatoirement à soumettre au maître d’ouvrage.
  • Le service technique de la commune joue le rôle du maître d’œuvre : source d’appui-conseils technique et organisationnel, et dispense des formations thématiques au gérant et aux usagers.
  • Les acteurs locaux se nouent en partenariat pour des actions durables en matière de communication pour la promotion de l’hygiène et des bonnes pratiques.

 

Budget prévisionnel en €

Le budget du projet est de 13 000 euros. Le projet est financé à hauteur de 10 000 euros par l'Institut de la Francophonie pour le développement durable. La commune participe à hauteur de 23% du budget total:

Résultats attendus

Ce projet va permettre à la commune rurale d'Ambesisika de bénéficier d'un réseau d'eau potable répondant aux besoins de sa population. Il va par ailleurs générer de nouvelles recettes pour la commune, qui pourra les réinvestir au service de ses contribuables.

Plus particulièrement, les résultats chiffrés escomptés sont les suivants :

  • 1 REEPS est mis en place et fonctionnel
  • 4 bornes-fontaines sont construites
  • 1 château d'eau est mis en place afin d'alimenter ces bornes-fontaines
  • 5 nouveaux emplois sont créés : 4 fontainiers et 1 technicien réparateur
  • La redevance reversée à la commune par l'association gérante (en général 10% du montant des cotisations des ménages) alimente à hauteur de 1,7% son budget annuel.

Le projet a été complètement mis en oeuvre. Le reportage de capitalisation du projet est accessible en ligne.

À l'origine du projet

L’Ircod, Institut Régional de Coopération Développement, est une association de droit local créée en 1986 avec le soutien de la Région Alsace. Il rassemble près de 100 collectivités territoriales qui participent, aux côtés d’autres institutions et associations alsaciennes, à des actions de coopération décentralisée dans les pays du Sud, que lui ont confiées ses membres.

Mobilisation des acteurs et partenaires

L’Ircod coordonne et met en œuvre des programmes de coopération décentralisée dans différents pays, essentiellement en Afrique mais également en Haïti. Ses collectivités membres lui ont confié la responsabilité de porter les projets de coopération dans lesquels elles sont engagées en y associant d’autres acteurs régionaux et nationaux. Sur la base des orientations politiques arrêtées entre les collectivités locales alsaciennes et celles du Sud, et dans le respect des accords-cadres formalisant ces partenariats, l’Institut assure la maîtrise d’ouvrage des projets de coopération de ses membres tout en les associant très étroitement à la définition des actions, au pilotage et à leur mise en œuvre.

Cette stratégie de coordination ainsi que la mutualisation des moyens humains, matériels et financiers, permettent de créer des synergies d’action et de maintenir la cohérence et l’efficience des moyens mis en œuvre.

Par son organisation en réseau, l’Ircod favorise la mutualisation et la coordination des moyens humains et financiers de l’ensemble de ses partenaires, pour une meilleure efficacité de ses actions.

Un appui à maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’œuvre communales sous la forme de compagnonnage de métiers

L’action de l’Ircod est fondée sur le principe de l’échange des pratiques sous la forme de compagnonnage de métiers, l’objectif étant d’appuyer les partenaires dans leur appropriation des responsabilités qui leur incombent et des compétences qui leur sont dévolues dans le cadre des processus de décentralisation. Elle se matérialise par :

  • L’accueil d’élus et/ou de personnel technique
  • Des missions alsaciennes d’experts techniques et/ou d’élus
  • Un appui technique, matériel et financier

Ces échanges permettent, pour les élus, de créer et entretenir le lien entre les collectivité partenaires et, pour les techniciens des services concernés, de capitaliser les expériences Nord-Sud. Le travail entrepris aux côtés des collectivités du Sud permet, en renforçant les capacités techniques des services concernés par les projets mis en œuvre, de renforcer leurs capacités institutionnelles.

Champs thématiques d’intervention

Ces domaines sont déterminés par les collectivités Sud sur la base de l’identification de leurs besoins puis développé conjointement avec les collectivités et partenaires techniques du Nord sous la coordination de l’Ircod :

  • Gouvernance locale
  • Gouvernance intercommunale
  • Gestion foncière décentralisée
  • Eau, assainissement et déchets
  • Sécurité civile
  • Tourisme
  • Lecture publique, actions socioculturelles

L'Ircod à Madagascar

Aujourd’hui quatre collectivités alsaciennes et de nombreux partenaires techniques, avec l’appui de l'Union européenne, de l’Etat et de la Région, sont engagés dans les Régions Boeny et Betsiboka – à Mahajanga, Ambato-Boeny, Ambesisika et Maevatanana – et apportent leur appui en matière de gestion urbaine et municipale, de fiscalité locale, d’eau & assainissement (liquide et solide), de lecture publique et d’ECSI (Education à la Citoyenneté et à la Solidarité Internationale) ou encore de sécurité civile. L’ensemble des actions menées contribue à la réalisation des ODD (Objectifs de Développement Durable).

Partenariat avec la Commune urbaine de Mahajanga (CUM)

Il s’agit du partenariat « historique » de l’Ircod à Madagascar : l’implication de collectivités alsaciennes a pu être amorcée à partir de 1995, date à laquelle les communes malgaches sont devenues des collectivités territoriales de plein exercice. La signature de la nouvelle convention-cadre triennale le 1er octobre 2013 réaffirme le partenariat privilégié entre Mahajanga et les collectivités alsaciennes pour développer un programme multisectoriel de coopération.

Partenariat avec le Centre Hospitalier Universitaire Androva de Mahajanga (CHUM)

Cette action tire son origine des relations de coopération et d’amitié existant depuis 1993 entre l’Université Louis Pasteur de Strasbourg et l’Université de Mahajanga, ainsi que l’intérêt des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg (HUS) à développer un partenariat technique avec le CHUM. Deux services ont bénéficié de cet appui : le SUSI (service des urgences et de soins intensifs), créé dans le cadre du partenariat, et le laboratoire d’analyses médicales. Depuis plusieurs années cependant, les restrictions budgétaires ne permettent plus de développer cet axe qui se recentre peu à peu sur du suivi.

Partenariat avec l’Organisme Public de Coopération Intercommunale (OPCI) Volamena à Maevatanana

Le Département du Bas-Rhin (CD67) s’est investi aux côtés de l’OPCI en 2009, et a contribué avec la coopération française à la mise en place d’un centre d’appui aux communes (CAC), aujourd’hui Service Technique Intercommunal (STI), afin d’accompagner le développement de l’OPCI. Depuis le 1er mars 2013, l’Ircod met en œuvre le projet AGIM (Appui à la Gouvernance Intercommunale à Maevatanana) avec le concours financier de l’Union européenne sur 42 mois. Ce projet vise à pérenniser le fonctionnement du STI et autonomiser techniquement et financièrement l’OPCI.

Partenariat avec la Commune urbaine d’Ambato-Boeny et la Commune rurale d’Ambesisika

Cette coopération a débuté en 2000 dans le cadre de la promotion de la lecture publique, et depuis 2009 se développe un programme multisectoriel d’appui au développement comprenant les volets suivants : fiscalité locale et administration communale, eau, assainissement et déchets, structuration du marché municipal.

Initialement intégrées au sein d’une même collectivité, la Commune urbaine d’Ambato-Ambarimay, ces deux communes ont été dissociées en 2015 ; l’Ircod a choisi cependant de privilégier la logique de territoire du partenariat et ainsi y maintenir la Commune rurale d’Ambesisika.

 

Contact à Madagascar :

Cécile Sicard, représentante

cecile.sicard@ircod.org

(+261) (0)32 07 195 23

www.ircod.org

Financement terminé

Le projet a été complètement financé avec succès !

Contribuer autrement

Il vous est également possible de contribuer à ce projet en participant à sa communauté virtuelle. Bénévolat, partage d’informations ou de bonnes pratiques, retour sur expérience … sont tant de possibilités qui s’ouvrent à vous grâce au forum d’échange associé à ce projet.


(facultatif)

Vos contributions

MAHAZOASY Roger (DCOOPD/MID), le 10 novembre 2017 07:20

Bjr,

On compte faire une capitalisation des projets EAH avec les autres Ministères impliqués ainsi que les CTD et les Partenaires techniques et financiers, avant les Assises des 05-06 et 07 mars 2018.

Nous comptons sur votre implication avec ASSAMA?

Bonne réception

Roger

NOARIJAONA (ENTREPRENEUR), le 20 mai 2017 17:55

Bonjour!
je suis intéressée à la technique de construction de REEPS
Merci

Informations

Pays : Madagascar
10000€ engagés sur 10000€
Commencé le 23/04/2017
6000 bénéficiaires

À propos de cet objectif

Objectif n°6 : Eau et assainissement

Garantir l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement Garantir l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau. La raréfaction de l’eau affecte plus de 40% de la population mondiale, un taux qui va s’aggraver du fait des changements climatiques.

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